A mon corps défendant
30 janvier 2010Je suis tombée sur cet édito en passant par le blog “pensée d’une ronde”, et je suis restée sans voix. Entre une colère violente, un dégoût certain et des larmes.
Il y aurait tellement à dire face à tant de bêtises et je ne comprends pas que quelqu’un dans sa fonction ne voit pas ce que ce genre de système entraîne comme conséquences. Les bons et les mauvais gros, sérieux ? Alors on décline ?
- les bons et les mauvais cancers
- les bons et les mauvais accidentés de la route
- les bons et les mauvais SIDA
- les bons et les mauvais AVC
et quand les enfants sont touchés pourquoi on ne regarderait pas du côté des parents voir si tout est clean ? après tout si mon fils se casse la jambe c’est peut-être parce que je ne lui est pas donné assez de fromage ? Pourquoi la société devrait payer pour ses soins ?
Ce qui me gêne dans les propos de M. Barbier, ce n’est pas de dire que c’est normal qu’une personne paye 2 places si elle occupe 2 sièges. Après tout Air France est une entreprise privée et qu’elle fasse tout pour être rentable ne me choque pas, c’est la loi du marché ma bonne dame (je ne dirais pas la même chose pour la RATP ou la SNCF, mais je ne me fais pas d’illusion, on y viendra).
Non, ce qui me choque c’est bien de vouloir distinguer “ceux qui sont 100% victimes de ceux qui ont une part de responsabilité” et des amalgames qui découlent de ce genre de théories.
Je voudrais quand même mettre aussi les choses au point sur ses propos sur les gros. Il est clair que ce monsieur ne sait absolument pas de quoi il retourne quand il parle du “ manque de violence qu’on se fait à soi-même ” quand on est obèse.
Etre obèse n’est qu’une violence qu’on se fait à soi-même !
Le corps éclate, il se fendille, les articulations s’usent, le sang ne trouve plus de chemin et le cœur n’a plus la force de battre entouré de trop de graisse. Et je vous épargne les humiliations du quotidien, celles des humains mais aussi celles des objets (comme le fauteuil de restaurant dans lequel on reste “encastré”). La violence est partout, à l’intérieur de nous, sur notre peau, dans le regard de l’autre.
Alors s’il le faut je payerai 2 places dans l’avion, mais jamais je ne montrerai une analyse génétique qui prouverait que je n’y suis pour rien d’être obèse et jamais je n’accepterai qu’un triste sir me fasse la morale sur mon manque de volonté et sur la violence que je fais subir à mon corps ou pas.


















